Sur les réfugiés semaine 23

8/6/17 Un tiers seulement des jeunes réfugiés scolarisés en Grèce

En Grèce, l’année scolaire s’achève bientôt, et malgré les efforts du gouvernement, seul un tiers des enfants réfugiés sont scolarisés. Une lacune importante selon le Fond des Nations unies pour l’enfance : l’Unicef accompagne le gouvernement pour améliorer le système et appelle à renforcer l’intégration de ces enfants.

Avec notre correspondante à Athènes, Charlotte Stiévenard

Lors de sa visite à Athènes, Afshan Khan, la directrice régionale de l’Unicef a rappelé les chiffres. Seuls 3500 enfants réfugiés sont scolarisés en Grèce. Or ils sont 12 000 en âge de l’être. Si elle reconnaît que « ça a l’air de faire beaucoup ici, sachant que les services sociaux dans leur ensemble ont été mis sous pression à cause des mesures d’austérité », la responsable de l’organisation des Nations unies pour l’enfance rappelle l’ordre de grandeur : « 12 000 enfants cela représente beaucoup moins qu’un pour cent de l’ensemble des enfants » scolarisés dans le pays.

Pendant la visite, Afshan Khan a notamment rencontré le président Prokopis Pavlopoulos, mardi 6 juin 2017.

Des cours dans la langue maternelle des enfants ?

L’une des difficultés pour le gouvernement est de convaincre les parents encore dans des situations instables de scolariser leurs enfants. « Les parents qui pensaient que très rapidement ils allaient avoir la possibilité de partir en Allemagne ou en Suède, réalisent que ça ne se fait pas aussi vite », observe Eric Durpaire, le chef des opérations de terrain pour l’Unicef en Grèce.

Mais selon Eric Dupraire, cela devrait s’améliorer : « Les parents réalisent qu’ils sont partis pour rester quelque temps en Grèce, donc la barrière du court terme a été levée. Ensuite les mouvements vont beaucoup plus se limiter, les deux tiers des réfugiés et migrants vont être en appartement, il va y avoir une sorte de stabilité. »

Certains enfants sont aussi déscolarisés depuis plusieurs années. Selon l’Unicef, une des clefs pour les réhabituer à l’école, c’est de leur proposer des cours dans leur langue maternelle en parallèle. Pour ce faire, l’organisation internationale a notamment signé un partenariat avec la ville d’Athènes.

http://www.rfi.fr/europe/20170608-jeunes-refugies-peu-scolarises-grece-unicef

6/6/17 La République tchèque n’accueillera plus aucun réfugié d’Italie et de Grèce par Pierre Meignan

Le gouvernement tchèque a annoncé lundi que la Tchéquie n’accueillerait plus aucun demandeur d’asile dans le cadre du système de relocation par quotas des réfugiés arrivés en Grèce et en Italie. Cette réaction aux menaces de la Commission européenne à l’encontre des Etats récalcitrants à respecter ce programme d’ici son terme, en octobre, acte en fait une situation existante. La République tchèque n’a en effet plus accueilli le moindre réfugié depuis mai 2016.

 Voici quelques semaines, le commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, lançait un dernier avertissement depuis le Parlement européen : la Commission entamerait des procédures pour traîner devant la Cour de Justice de l’UE les pays rechignant à l’effort collectif d’accueil des réfugiés. La République tchèque faisait partie des Etats visés, et le gouvernement, plutôt que de modifier sa politique migratoire, a décidé ce lundi de la confirmer. C’est le ministre de l’Intérieur, le social-démocrate Milan Chovanec, artisan de cette politique, qui l’a annoncé :

« Je voudrais informer l’opinion publique sur le fait que le gouvernement, sur la base du matériel préparé par le ministère de l’Intérieur, a décidé de mettre fin à la participation de la République tchèque au système de relocalisation par quotas, au regard de l’aggravation de la situation sécuritaire et du caractère dysfonctionnel de ce système. Le gouvernement s’en remet au ministère de l’Intérieur pour cesser ses activités dans ce domaine. Cela signifie que la République tchèque ne fera plus en sorte de demander des migrants pour leur relocalisation depuis la Grèce et l’Italie. »

Cela ne changera pas grand-chose puisque, depuis l’adoption du mécanisme, en septembre 2015, la Tchéquie n’a été capable d’accueillir que douze réfugiés, lesquels provenaient de la Grèce, sur les 2 600 prévus d’après le plan de répartition. Depuis le printemps de l’année dernière, Prague a déjà cessé toute démarche dans le domaine. Aussi, si le système est dysfonctionnel, c’est peut-être également parce que des pays comme la République tchèque ne jouent pas le jeu. C’est ce que dénonce Magda Faltová, de l’Association pour l’intégration et la migration :

« Du point de vue des activités de l’Etat, qui consisteraient pour les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur à choisir activement les personnes à accueillir et à s’arrêter suite à cette décision, cela n’a absolument aucun impact. Puisqu’ils ne font déjà rien du tout. Mais au moins le gouvernement le dit maintenant clairement. »

Pour Milan Chovanec, après les récents attentats au Royaume-Uni, et dans lesquels aucun réfugié ne semble pour l’heure impliqué, c’est aussi la situation sécuritaire en Europe qui motiverait le choix du gouvernement. Les djihadistes ont jusqu’alors pourtant relativement épargné la République tchèque, où les autorités indiquent régulièrement qu’il n’existe aucune menace concrète. L’eurodéputé Luděk Niedermayer, du parti conservateur TOP 09, regrette d’ailleurs que la Tchéquie ne soit pas capable de respecter ses engagements européens et balaie cet argument sécuritaire :

« C’est à la République tchèque de trouver de véritables demandeurs d’asile dont elle est sûr qu’ils ne présentent pas de danger. Ils sont des dizaines de milliers en Italie et en Grèce. Donc, personnellement, je ne crois pas que parmi tous ces demandeurs d’asile, il ne soit pas possible d’en trouver plusieurs dizaines que nous pourrions 

 Mais la position de M. Niedermayer est isolée au sein de son propre parti et plus généralement dans le spectre politique tchèque. Les politiciens de l’opposition comme de la majorité approuvent plutôt la décision du gouvernement, à quelques mois des législatives, dans un pays où l’opinion publique est largement hostile à l’accueil des réfugiés. Et Milan Chovanec se dit prêt au bras de fer avec la Commission européenne, dans le cas où elle mettrait à exécution sa menace de procédures contre les Etats récalcitrants :

« Le ministère de l’Intérieur a été désigné comme l’organe responsable de la communication sur ce sujet et il devra aussi préparer l’opposition éventuelle à la procédure d’infraction qu’on peut attendre de la part de la Commission européenne. »

A la décharge de la République tchèque, avec douze réfugiés accueillis, elle fait mieux que la Hongrie et la Pologne, qui n’en ont accueilli aucun. Parmi les pays du groupe de Visegrád, dont l’opposition aux quotas est connue, c’est toutefois la Slovaquie qui s’en tire le mieux. Bratislava a en effet poussé l’effort jusqu’à en accueillir seize.

http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/la-republique-tcheque-naccueillera-plus-aucun-refugie-ditalie-et-de-grece

 

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