Ce qu’il faut savoir à propos du “coupdepoucevélo”, message à destination de tous ceux et celles qui se demandent : “A quoi j’ai droit à l’atelier vélo avec ce fameux forfait de 50€ ?”

Le coupdepoucevélo a commencé lundi 11 mai, (et va durer jusqu’à la fin de l’année théoriquement) et nous recevons de nombreux appels de personnes qui nous demandent : “De quoi s’agit-il ?”, “Peut-on faire réparer son vélo et bénéficier de l’aide de l’Etat à l’atelier ?”, et toute une série de questions du genre.

Alors pour répondre à ces interrogations légitimes mais également pour rappeler nos valeurs et notre raison d’être, voici un article à lire dans son intégralité (svp) pour expliquer ce à quoi on peut s’attendre si l’on vient à l’atelier vélo et ce à quoi on peut avoir droit.

Un rappel en deux points tout d’abord :

  • l’Atelier vélo participatif et solidaire (l’AVPS pour les intimes) est, comme son nom l’indique, un ATELIER PARTICIPATIF, ce qui signifie que chez nous, on vient a minima avec l’intention d’apprendre ou de comprendre comment on répare un vélo, ou plutôt comment régler un problème mécanique sur son vélo, le tout dans une ambiance d’entraide conviviale et solidaire.
  • L’AVPS récupère tout vélo dont son propriétaire souhaite se débarrasser, quelle qu’en soit la raison, afin de les réparer pour certains et de les démonter pour d’autres et en récupérer ainsi les pièces détachées, servant à leur tour à réparer d’autres vélos. C’est ce que l’on appelle l’économie circulaire, l’un des principes clés qui fondent nos actions.

Il en découle donc deux façons de bénéficier du coupdepoucevélo chez nous :

  1. Quiconque possède un vélo à réparer peut venir à l’atelier vélo pour réparer/apprendre à réparer/comprendre comment on répare son vélo. Nous l’accueillerons avec bienveillance et mettrons à sa disposition toutes les ressources dont nous disposons : matérielles (outillage, pièces détachées d’occasion et consommables neufs) et humaines (nos salariés et “nos” bénévoles), afin qu’il/elle puisse repartir avec un vélo lui donnant toute satisfaction et avec lequel il/elle pourra rouler avec plaisir et en confiance. Et grâce au forfait coupdepoucevélo, seule la partie de la facture excédant les 50€ restera à sa charge (voir un exemple de facture avec tarifs) : tout le reste (hormis l’adhésion) est pris en charge par le forfait, la personne repartant donc avec un vélo réparé sans avoir rien (ou presque) dépensé, en ayant appris ou compris ce qu’il fallait faire pour le réparer, tout en ayant contribué à faire vivre une structure associative locale, solidaire et actrice du changement social.
  2. Il est possible également de bénéficier du forfait coupdepoucevélo pour se procurer un vélo d’occasion à moindre frais. Le forfait de 50€ permettant là encore de payer tout ou partie des réparations effectuées sur ces vélos par l’association, “comme si c’était vous qui les aviez faites”.

J’aimerais cependant avant de finir rappeler que permettre à des personnes possédant des vélos dormant dans leur cave de les réparer pour rouler avec, fait partie des raisons d’être de l’AVPS. En effet, c’est bien parce que l’on sait que réparer un vélo coûte parfois tellement cher chez un vélociste, proportionnellement à la valeur du vélo, et que son propriétaire est malheureusement trop souvent confronté au discours suivant : “Mon bon Monsieur/Ma petite Dame, au prix où ça va vous coûter de faire réparer votre vélo, vous feriez aussi bien d’en acheter un neuf!” que l’on a créé l’Atelier vélo participatif et solidaire.

Car c’est bien pour proposer une alternative à cela, et à la société du tout-consommation qui fonctionne sur la base de l’obsolescence (programmée ou pas), que nous avons décidé de proposer nos services d’accompagnement à la réparation et de récupération des vélos usagés (les deux allant de pair).

En effet, chez nous, il redevient raisonnable, opportun et intéressant (économiquement, mais pas que…) toute l’année de réparer son vélo : le matériel associatif appartient théoriquement et au tantième à tout adhérent, l’aide à la mécanique est réalisé par des salariés et des bénévoles qui vous aident et vous accompagnent dans la réparation, mais c’est vous qui faites le travail, et il ne vous reste plus qu’à payer les pièces détachées/consommables ainsi qu’une participation forfaitaire éventuelle et libre au temps passé dans l’atelier.

Bien sûr, aujourd’hui, “grâce à l’aide de l’Etat”, nombre de vélos dormant vont pouvoir repartir sur les routes, et c’est très bien. Mais c’est oublier que les acteurs que sont les ateliers vélos participatifs et solidaires et qui permettent cela à longueur d’année ne devraient recevoir que les miettes de cette aide : les propriétaires de vélos dormant préférant probablement malheureusement pour leur grande majorité amener leur vélo à réparer dans les grandes enseignes commerciales du sport plutôt que de venir non seulement apprendre et comprendre mais aussi soutenir des projets associatifs solidaires et porteurs de valeurs autres que celles promues dans ces grandes enseignes.

Alors chers lecteurs/trices, adhérent.e.s, sympathisant.e.s, cyclistes occasionnel.les ou régulier.e.s, mais aussi opportunistes alléchés par l’offre de réduction de 50€ sur ta facture, réfléchis bien à ce que tu fais et aux conséquences de tes actes : on dit souvent que ton portefeuille est ton bulletin de vote, alors dans cet hypothétique “monde d’après” dans lequel nous serions entrés, et qui risque fort de ressembler à celui d’avant, en pire si l’on n’y prend pas garde,  réfléchis bien à quoi et pour quoi tu votes.

Vélocyclopédiquement,

ton atelier vélo.

Pour marque-pages : Permaliens.

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